21 février 2024

Des fois elle me manque, la petitesse du monde de quand j’étais pas grand.

Les champs étaient infini, une fleur était rare, un jour était une semaine et une semaine était un an.

On dirait qu’en grandissant, la vue s’agrandit et tout le reste rapetisse un peu. On voit—et on regarde—peut-être un petit peu trop loin.

Le très grand devient moins grand, le rare devient ordinaire, l’éternel devient court, on devient au courant de ce qui se passe autour du globe et on ne voit plus ce qui se passe à vingt mètres autour de nous.

Alors j’essaie je t’avoue de volontairement rétrécir ma vue, que je puisse me concentrer encore comme avant sur un infini moment de quelques minutes, savourer une pomme comme si c’était la seule au monde, trouver mes petits problèmes bien graves, revoir dans une ombre un mystère, retrouver dans une étincelle une galaxie.