Peut-être que c’était plus simple avant. Peut-être aussi que c’est nous qui étaient plus simples avant.

Dans un monde où on essaie si fort on dirait de me convaincre que je suis le héros de l’histoire et que c’est moi qui devrait compter en premier, je préfère choisir de croire que ce n’est pas moi, le héros, parce que je préfère beaucoup qui je suis et comment j’acte dans le monde quand je ne crois pas que c’est moi, le personnage principal qui doit passer en premier dans tout ce qui arrive.

Je pense pas que c’est pour pas de raisons que les choses les plus difficiles à faire et supporter arrêtent un peu de l’être quand on ne les fait et supporte pas uniquement pour nous tout seul.

Souvent si on refuse de devenir grand, je pense c’est parce que on a pas eu le temps d’être petit. Mais sauf c’est trop tard, il faut être grand quand même. Mais on peut être grand et aussi aimer les belles chenilles c’est pas interdit.

Tu sais, même si on remplit nos rues de lampadaires et nos maisons de veilleuses, je pense pas que on va réussir à se sauver des noirceurs et des incertitudes.

Il y a quand même plein de choses que on sait pourtant à voix basse que on se permet pas de savoir à voix haute.

À partir de quel moment tu penses que nos rêves ils vont juste arrêter de nous attendre et partir avec quelqu'un d'autre?

Tu penses que les flocons quand ils sont poussés par le vent eux aussi ils passent beaucoup de temps à se demander quelle direction ils vont choisir de prendre?

Souvent, c’est pas de notre faute. Mais c’est quand même, à cause, de nous. Pis ça, on a pas le choix de composer avec ça, même si c’est inconfortable. C’est comme ça.

Revenir en arrière c’est pas vraiment revenir en arrière parce que quand je veux revenir en arrière je tourne mon corps de l’autre côté donc revenir en arrière c’est juste continuer d’avancer en fait.

Je suis pas certain que c’est par heureux hasard que la plupart des choses que on trouve bien ne nous demandent pas de changer notre comportement actuel et que la plupart des choses que on trouve mal ne nous demandent pas de changer notre comportement actuel.

Si c’est trop lourd à porter on peut aussi juste le laisser là-bas par terre et s’en aller.

On passe beaucoup
de temps à cacher
un peu
comment on se sent
au fond je trouve.

Peut-être que
on peut commencer
par prendre
notre souffle.

Des fois pour pas de raison c’est un peu lourd en dedans. Je pense pas que il faut nécessairement chercher à comprendre, des fois juste regarder quelque chose de léger comme les nuages ou les flocons c’est bien.

Tous ces efforts que on met à construire notre façade juste dans l’espoir que quelqu’un finisse par voir au travers comme si elle n’existait pas.

Peut-être un peu moins vouloir être une personne comprise et un peu plus essayer d’être une personne qui comprend.

Tout passe, oui, mais sauf des fois ça va prendre plus de temps que on a à vivre encore, donc au lieu de rêver le soleil après, peut-être trouver de la chaleur pendant.

Il y a pas si longtemps, on rêvait d’être enfin des grands. Et aujourd’hui, et bien nous voilà.

Ce qui compte
vraiment,
je pense,
ça a des
prénoms.

Nos façades
sont nos doudous
sont nos façades

sont nos doudous.

Peut-être,
laisser un peu
plus de gens
entrer.

Les gens des fois j’ai l’impression que on prend le détachement comme un buffet parce que on veut se détacher du regard des autres quand c’est des insultes mais continuer d’être flatté par leurs compliments mais sauf je pense pas que c’est un buffet et que ça marche comme ça.

Tu sais, ça ne sera jamais assez, tant que ça ne sera pas suffisant.

On a juste à dire que c’était un coup de pratique. Si tu dis rien je dis rien.

Le nuage il ne se dégonfle pas parce que on ne l’aime pas ou on le trouve laid. Remarque, il ne s’enfle pas non plus parce que on l’aime et on le trouve beau, ça doit être pour ça.

Je sais pas qui tu penses flouer avec tes contours d’adulte qui sait ce que elle fait et où elle s’en va, mais ton coloriage il dépasse.

C’est quand même très bizarre de savoir pourtant que mon regard sur le monde il distingue des visages dans des troncs d’arbres et ensuite croire que je peux lui faire confiance pour distinguer le bien du mal.

Je me demande si les gens qui disent que il faut laisser faire la vie ils incluent aussi le désir en dedans eux de résister à ce qui se passe dans ce que il faut laisser faire, ou si ça c’est une exception et ils pensent que en dedans eux c’est en dehors de la vie et que ça, ça compte pas et il faut pas laisser faire.

On ne fait pas du tout toujours de notre mieux et aussi on s’en fou et aussi c’est très bien comme ça.

Quand on veut on peut, sauf toutes les innombrables fois où même si on veut très fort quelque chose on est pas capable du tout mais sauf c’est pas grave parce que notre valeur dans ce monde ne se calcule pas à ce que on est capable ou non de faire donc on s’en fou tout va bien pas de panique ça va être ok.

On peut passer à autre chose même si on y pense encore, on est pas obligé d’attendre.

Un des grands deuils d’être un adulte, c’est que on ne peut plus se permettre le luxe d’attendre que la vie ne soit plus difficile, avant, de se donner la permission d’être heureux. Il faut l’être en même temps maintenant.

Les humains dans les moments où on a le plus besoin d’un câlin on ne dit aucune phrase qui comporte le mot câlin et on reste là les coudes près du corps les deux poings en l’air avec un air mauvais et après on se sent déçu que personne ne soit venu nous en donner un.

J’aime ça croire que c’est pas par hasard que tout ça arrive. Sauf quand ça m’arrange de croire que c’est par hasard que tout ça arrive.

Il y aura
un autre printemps
et on aura
une autre chance.

Il y a des moments
où même le ciel
il est pas assez grand.
Ils passent eux aussi.

Tu crois que un jour
on saura ce que on fait
pour le vrai?

Toute ma vie c'était le même ciel qui était par dessus moi. Je pense que c'est lui ma doudou maintenant.

La vie c'est compliqué mais je aime ça comme ça je pense.