Ma valeur

Amie aujourd’hui j’ai envie de te parler de valeur. De ma valeur. Tu sais, honnêtement, ma valeur, c’est pas vraiment quelque chose à laquelle je pense, personnellement. Je ne m’arrête jamais dans ma vie comme ça sur un coin de rue ou dans mon lit le soir à me demander quelle est ma valeur, est-ce qu’elle grandit ou diminue, est-ce qu’elle est entendue ou vue, est-ce que ci ou ça. C’est juste pas quelque chose à laquelle je pense. Jamais.

Peut-être que quelque part c’est parce que pour moi rien n’a vraiment de la valeur en tant que chose qui peut grandir ou diminuer, je hiérarchise pas mentalement vraiment les gens, ou encore tout le reste comme ça. Est-ce qu’un vent chaud à plus de valeur qu’un vent frais? Est-ce qu’une tulipe a moins de valeur qu’un tournesol? Est-ce qu’un grin se sable sur la plage a plus de valeur qu’un grin de sable sur la route? C’est absurde pour moi. Cette idée m’a même fait rire à voix haute un peu rien qu’en y pensant là tout de suite. Et cette absurdité se transpose aussi, pour moi, sur ma valeur en tant que quelqu’un dans un monde de quelques uns.

Peut-être, maintenant que j’y pense en t’écrivant mes mots, que c’est parce que pour moi il n’y a qu’une seule valeur, dans un sens, la valeur fondamentale, matérielle, en tant que processus faisant partie du monde.

Si quelque chose existe dans le monde, il participe donc au monde en tant que processus, au niveau fondamental, moléculaire, presque vibratoire. C’est tout. C’est comme ça. Il n’y a rien d’autre comme critère ou comme variable dans l’équation pour moi. Si j’étais obligé d’apposé une forme de valeur numérique, ce serait la valeur 1. Et, dans ma perception du monde, il n’existe, et ne peut logiquement exister, que la valeur 1. Tout ce qui existe a de par sa nature en tant que processus faisant partie du monde la valeur 1. Ça ne peut pas augmenter et ça ne pourra jamais diminuer. Ça n’a rien de particulier. Il n’y a rien de spécial là-dedans. Ça n’a rien de valeureux. C’est rien que ça. Et c’est très bien. C’est comme ça.

Il existe des vents chauds.
Il existe des vents frais.
Il existe des tulipes.
Il existe des tournesols.
Il existe des grain de sable sur la plage.
Il en existe aussi sur la route.
Il existe des gens.
Et il existe un moi aussi.

Ça n’a rien de particulier.
Il n’y a rien de spécial là-dedans.
Ça n’a rien de valeureux.
C’est rien que ça.
Et c’est très bien.

C’est comme ça.

Lettre du dimanche