Peut-être, ne pas s’accrocher au négatif. Peut-être, ne pas s’accrocher au positif non plus. Peut-être, ne pas s’accrocher du tout dans le fond. C’est épuisant pis c’est pas très bon pour nos épaules.

Il me semble que on passe beaucoup de temps à essayer d’être ce que on est de toute façon. Comme un canard qui essaierait vraiment très fort d’être vraiment un canard.

Je pense pas que les fleurs elles peuvent être une bonne ou une pas bonne fleur et je pense que nous aussi, comme elles, on ne peut pas. Ce serait bizarre.

Ce qui est compliqué avec essayer d’accepter ce qui est, c’est que ça sonne très spirituel, mais que nécessairement ça inclut aussi l’envie de rejeter ce qui est, parce que elle aussi, elle est. Donc peut-être que au lieu d’essayer d’accepter sélectivement ce qui est, on devrait juste profiter de la belle brise d’été.

Trouvons des gens pour qui on veut tellement le bien pour le vrai que on devient les yeux chauds en leur souhaitant le bien en regardant le ciel le matin. Puis restons dans cette grâce-là. Baignons dans cette grâce-là. Vivons dans cette grâce-là.

J’amoure, tu amoures, elle amoure, nous amourons, vous amourez, ils amourent.

Peut-être que on pourrait arrêter d’entretenir et de nourrir les mauvaises herbes dans nos jardins vies.

Comme le ciel et le cosmos, je ne pense pas que qui je suis fait partie de la catégorie des choses qui peuvent être perdues ou retrouvées.

Je pense que quand on
abandonne, vraiment,
qui on est,
on devient
qui On est,
vraiment.

Les gens c’est souvent dans les moments où on a le plus besoin que des doigts enlacent les nôtres que on ferme nos mains en forme de poings très fermés.

On ne peut pas retenir entre nos mains fermées serrées une brise d’été parce que elle en meurt et peut-être que avec beaucoup de choses dans nos vies c’est comme ça aussi.

Quand les gens on dit que la nature trouve toujours un chemin quand on regarde une fleur traverser le béton on dirait des fois que on oublie que on est la nature aussi et que peut-être on a pas besoin nous non plus de démolir le dur dans nos vies à coup de marteau pour que ce qui a besoin de fleurir le fasse au travers. Que la beauté peut fleurir au travers le dur. Que elle le fait.

Des fois notre coeur il grossit comme d’un coup, comme si une émotion plus grosse que d’habitude fleurissait aussi comme d’un coup. Ça fait mal un peu et pis ça fait peur un peu, mais après notre coeur il est plus gros.

Des fois quand on a eu un matin laid et que avoir eu un matin laid rend notre après-midi laid aussi on a juste à faire semblant d’avoir eu un matin beau comme ça on va avoir un après-midi beau aussi.

Ce serait bizarre un peu de penser que l’univers il puisse faire une erreur, c’est l’univers quand même. Et bien l’univers il a fait nous comme on est. Donc voilà. Ça veut dire ce que ça veut dire.

Inspirer. Retenir. Expirer. Retenir. C’est se donner le petit luxe de tenir notre souffle entre nos mains, pour s’éviter le caprice de vouloir tenir toute la vie entre nos mains.

Faisons donc avec nos vies un collage avec des choses et des moments et des habitudes et des lieux et des gens et des sentiments, qui dedans font oui.

On a peur de changer parce que on a peur de ne plus être nous-mêmes. C’est bizarre parce que au fond on change pas, parce que on passe de quelqu’un qui fait ce que il a envie à quelqu’un qui fait ce que il a envie.

Accepter l’émotion mais sans devenir l’émotion. Peut-être que c’est juste ça, au fond.

Des fois on ne veut pas vraiment réaliser nos rêves. Des fois on a juste envie de rêver. Et c’est ok. On est pas forcé de se rendre jusqu’à la lune on peut juste vouloir la regarder et la trouver belle.

Peut-être aussi que la couverture du livre écrit par un parfait inconnu elle avait pas raison sur comment on devrait voir et vivre, notre, vie.

Si c’est trop lourd à porter on peut aussi juste le laisser là-bas par terre et s’en aller. On a le droit. On est pas forcé de le trainer partout pour toujours.

C’est triste un peu que ce soit si difficile de vraiment voir l’autre qui se tient droit devant nous pourtant.

Les gens on veut être libre et on déteste vraiment quand les autres ils nous disent ce que on devrait faire. Non mais franchement, ils devraient plutôt faire ce que nous on veut que ils fassent et se taire, ce serait beaucoup mieux.

C’est triste quand cacher qui on est vraiment ça devient qui on est vraiment.

Une fois que on sait comment se retrouver peut-être que on peut se permettre de se laisser se perdre. Parce que on ne peut plus se perdre.

Peut-être que on peut se presser avec amour contre la vie comme on se presse avec amour contre notre partenaire et laisser la vie se presser avec amour sur nous comme on laisse notre partenaire se presser avec amour sur nous. Et l’aimer et la laisser nous aimer comme on aime et on se laisse aimer.

Peut-être, vouloir un peu moins être une personne comprise, et un peu plus une personne qui comprend.

Inspirons complètement par le nez. Expirons complètement par le nez. Puis, dans le même geste, continuons d’expirer par la bouche et guidons ce qui voulait encore s’accrocher en nous nous quitter enfin complètement.

Des fois c’est la bonne chose mais juste au mauvais moment. Mais sauf ça c’est juste vrai si on a vraiment raison sur ce qui est ou pas le mauvais moment, mais qu’est-ce que on en sait nous au fond?