Pourquoi est-ce que peu importe où je suis et devant qui je suis à travers l’espace et le temps, mon papa continue de s’en aller de moi?
Moi aussi j’ai envie de ce qui se passe entre le soleil et le tournesol.
Peut-être que essayer de trouver la et d’être en paix c’est comme essayer de trouver et d’être les jours de soleil, et que c’est pas quelque chose que on fait, et que c’est quelque chose qui arrive ou non, et que on peut juste en profiter quand ça arrive, si ça arrive.
Être content quand le soleil, oui. Avoir besoin du soleil pour être content, peut-être pas.
Peut-être que pendant un certain temps, on peut faire des pincements dans notre coeur une boussole, et omettre absolument tout le reste, juste pour voir. Pas pour tout le temps, mais peut-être pour un certain temps.
Quand on dit que il faut laisser faire la vie et que on dit ça dans le sens d’arrêter de résister à ce qui est, est-ce que on inclut, aussi, notre envie de résister à ce qui est? Ou bien, elle, elle compte pas? Ce serait un peu bizarre et sélectif, quand même.
Les gens des fois on dit que on veut, enfin, accepter les choses telles que elles sont, mais on dirait que c’est vraiment en fait dans l’espoir secret que, lorsque ce sera fait, quelque chose dans notre expérience soit ensuite différent. C’est bizarre un peu.
Si l’érable il est assez comme il est déjà et parfait comme il est déjà, je vois pas vraiment pourquoi pour moi ce serait différent.
Le bébé oiseau il a peur de lâcher prise et de se laisser tomber dans le vide parce que il sait pas, encore, que il sait voler. Je pense que c’est aussi comme ça avec ce que on appelle qui on est.
Personne est impressionné parce que on s’arrange tout seul. Même nous on est pas impressionné. Pis en plus on est tout seul.
Pourquoi est-ce que on cherche la permanence dans une vie impermanente dans un monde impermanent? C’est bizarre.
Ce qui est compliqué quand je pense savoir ce qui est bien et ce qui est mal et ce qui devrait et ce qui devrait pas, c’est que je le fais à travers le même regard qui voit des visages dans des troncs d’arbres, donc bon, voilà.
Le risque avec faire de moi le personnage principal de ma vie, c’est que je pourrais bien finir par le croire pour le vrai.
Les gens des fois en bougeant on s’accroche sans faire exprès et on se dit juste oh pardon j’ai pas fait exprès et on se répond juste ah ok pas de problème, mais quand on s’accroche, émotionnellement, sans faire exprès, on dirait que on oublie comment faire ça, c’est bizarre.
On aime pas la fleur parce que elle réussi très bien à être une très bonne fleur. On la rencontre et dedans nous ça fait je l’aime. C’est très simple. Et je pense que on aime les gens aussi comme ça. On les rencontre et dedans nous ça fait je l’aime. C’est très simple aussi. Et c’est pas la fleur qui choisit si elle le mérite et c’est pas les gens qui choisissent si on le mérite. Parce que c’est pas du mérite. C’est de l’amour. Regarde c’est deux mots différents.
Des fois la détresse ça ressemble à une fraction de seconde avant de nous répondre que tout va bien et nous demander comment on va. Mais, des fois la joie aussi ça ressemble à ça. Pis on peut pas deviner. Mais, on peut au moins essayer de faire de notre orbite, un espace où les gens se sentent à l’aise de déposer du vrai, sans avoir peur de notre réaction à nous.
On peut pas prendre le mauvais chemin parce que toute notre vie au complet c’est le chemin et que on a juste une vie et que si on a juste une vie et que toute notre vie c’est le chemin et bien ça peut pas être le mauvais. C’est très simple.
Être courageux, je ne pense pas que c’est avoir les sourcils froncés un peu et avoir les épaules larges devant tout le monde face à des situations que au fond on trouve faciles. Je pense que c’est plus de se laisser emporter par la peur et la détresse le soir quand on est tout seul dans notre lit en faisant face au vrai dragon.
Des fois on a tellement peur de une souffrance en particulier que on va se faire souffrir à la fuir et y résister pendant des années et pendant des décennies aussi. À partir de un certain temps je pense que ça devient juste bizarre.
Parfois ça vaut la peine de se demander, vraiment, si les gens autour de nous se sentent, vraiment, à l’aise de nous dire comment ils se sentent, vraiment.
Au final peut-être que il y a juste les enfants, en vrai, qui savent ce que ils font.
Les gens on dit que on va écouter notre coeur et après on sort tout un tas de théories sur ce que on devrait faire ou changer. Sauf que notre coeur il dit boum. Boum boum vite ou boum boum lent. Il dit pas des théories. Donc on dirait plutôt que on continue d’écouter notre mental mais en l’appelant notre coeur parce que ça sonne mieux. Peut-être que on pourrait l’écouter pour de vrai à la place.
Les gens des fois on se réveille un bon matin et puis on choisit que on veut être libre et puis on s’empresse de s’enchaîner très serré à notre envie de liberté. C’est bizarre.
Je pense pas que j’ai, vraiment, besoin de choisir si je me fais passer avant ou après les autres. Parce que il y a pas un cadre de porte devant moi, il y a l’univers au complet. Je pense que il est assez grand pour que on passe tout le monde en même temps.
Peut-être que on peut faire comme le chêne va faire à l’automne, et laisser s’en aller nos vieilles feuilles, parce que, comme pour le chêne, de toute façon, elles s’en vont.
Quand on dit que on veut être plus nous-mêmes au fond en vrai ce que on veut dire c’est que on veut juste garder les parties de nous qui nous arrangent et pas garder les parties de nous qui nous arrangent pas, hein? Parce que je sais pas où exactement on pense que les parties que on appelle moins nous-mêmes elles se trouvent mais je pense pas que elles sont par terre là-bas.
Quand on est petit
on joue à faire semblant.
Puis on oublie
que on est petit.
Puis on oublie
que on joue.
Puis on oublie
que on fait semblant.
Rien ne pourra jamais être assez tant que quelque chose ne sera pas suffisant.
À force de laisser personne s’approcher, proche, b’en personne va s’approcher, proche.
Et si la chenille elle a pas envie, elle, de devenir un papillon, elle fait quoi? Et bien elle devient un papillon. C’est comme ça, c’est pas elle qui choisit.