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4 mars 2020

Tout est irremplaçable

Tout—donc tu aussi—est irremplaçable. Tu sais, je marchais l’autre jour quelque part dans les rues de Montréal et j’ai vu une église que je trouvais particulièrement jolie. Elle n’avait rien d’extravagante même au contraire je dirais elle était tout à fait très totalement ordinaire. Elle était construite en briques grises toutes un peu identiques à vue d’oeil rapide d’une quelqu’une de passage et quelque chose m’a touché quand je l’ai vu. Je suis toujours profondément touchée quand je remarque plein de choses un peu identiques qui forment un quelque chose de plus grand tellement grand qu’on ne les voit plus du tout. Elles n’avaient rien de spécial les grandes briques grises qui étaient devant moi sauf que si on en enlevait une seule tout s’effondrerait, et si on en mettait une autre à sa place, ce ne serait plus tout à fait vraiment la même église. Et moi aussi je me dis je suis un peu comme la grande brique grise. De loin il n’y a absolument rien de spécial dans cette autre primate avec un peu de poils, sauf que l’univers ne serait pas tout à fait le même univers si par magie on me remplaçait par une autre. Sauf qu’on ne peut pas parce qu’il n’y a pas de magie comme ça. On ne peut pas me remplacer. Et la brique non plus. Et toi non plus. Et rien non plus. Et tout non plus.