< Retour

31 août 2020

31 août 2020

C’est qu’on en parle de l’amour je trouve parfois un peu comme si c’était un oui ou un non, comme s’il s’agissait d’une ampoule qui s’allume ou qui s’éteint, que c’est tout ou bien alors que c’est rien, sauf que c’est pas vraiment comme ça, n’est-ce pas? Moi en tout cas je ne l’ai jamais vraiment sentie comme ça, j’ai pas comme une lumière qui s’allume parfois oui et parfois non, en fait c’est jamais vraiment éteint, c’est plus comme une danse, un mouvement, un grand parfois petit feu, le verbe qui ne s’arrête jamais de donner, qui tourne autour des arbres et des fleurs et des yeux des gens, qui change de partenaire de danse un moment, qui aime un peu par ici, puis aussi par là-bas. C’est qu’on a un seul mot pour tout ça, un seul mot de deux seules syllabes pour le dire à quelqu’un ou encore de quelque chose, un seul trop petit son pour essayer de s’expliquer cette danse entre une moi et une fleur et entre une moi et ma maman et aussi entre une moi et une amie et encore entre une moi et un moment et entre une moi et les étoiles ou entre une moi et une un peu plus qu’une amie ou entre une moi et une moi. Un mot c’est beaucoup trop petit. Parce que c’est constant, même si c’est fluctuant, changeant, tout le temps en mouvement. Est-ce que j’aime? Bien sûr que bien entendu. Est-ce que je suis amoureuse? Bien sûr qu’évidemment, même tout le temps. Est-ce que l’amour? Bien sûr que pour toujours.