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29 mai 2020

29 mai 2020

Elle est belle la vie moi je l’aime. Je pense que ce qu’on appelle la vie c’est ce qui se passe quand parfois j’oublie un peu d’y penser. C’est un peu tout ci et aussi tout ça, finalement, sans nécessairement ce drôle de besoin d’en faire un constat. La vie se fait même si je ne la remarque pas, même si je n’essaie pas comme ça de la mettre dans une toute petite boîte pour la regarder et me l’expliquer. La vie se vit je pense dans le geste, c’est le verbe, ça grouille de partout, ça gigote dans tous les sens, ça chatouille, ça pique, ça va, ça vient. Comme mes doigts qui tapotent en ce moment sur mon téléphone pendant que je t’écris mes hiéroglyphes. Comme tes yeux qui se déplacent de la gauche vers la droite pendant que tu les lis. C’est curieux, tu ne trouves pas, la pensée? Un peu comme un endroit. Un peu comme un monde dans lequel il n’y a pas de geste, pas de verbe, pas de chatouilles ou de piques. Comme si on se donnait l’impression d’être capable de figer tout ça, d’exister ailleurs que dans tout ce qui bouge. Qu’on se croyait comme extérieur au mouvement. Sauf que pas vraiment, parce que quelque part, un peu derrière les yeux et entre les oreilles, ça verbe, ça vibre, ça bouge beaucoup. Il n’y a pas de pause, on n’arrête pas le courant. On n’arrête pas le geste. Hey, t’as remarqué, un peu, peut-être un peu, on bouge toi et moi. On bouge, tout le reste aussi. On danse, toute la vie. Honnêtement je ne sais pas pourquoi je te dis tout ça, ça m’amuse, écrire, bouger mes doigts, vivre et faire. C’est amusant, suivre le grand courant, et en dansant pendant longtemps. Tu viens? 🌾🤸🏻