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1 avril 2022

1 avril 2022

Et si les choses que j’accumule dans ma maison ne sont pas qui je suis, les choses que j’accumule dans ma tête non plus. 😌 Je ne suis pas tous ces mots et toutes ces idées que j’ai accumulé par ici et puis par là au fil du temps. T’sais, il y a quelques années j’ai trouvé un tricot de laine que je trouvais joli et j’ai commencé à le porter souvent sur moi, j’ai commencé à dire « ceci est MON tricot », « il est À moi », et les gens ont accepté le concept. D’accord, ceci est le tricot DE Fred. Mais imagine mon amie un instant ce que ces gens se diraient si tout à coup, je commençais plutôt à dire « le tricot EST moi », « je SUIS ce tricot ». Tout à coup ce serait complètement absurde. Moi mon amie je pense que c’est exactement la même chose avec les idéaux, les avis, les pensées, les mots et concepts qui flottent dedans nos têtes. Quelque part au fil des décennies on a commencé à les accumuler, à les trainer partout avec nous, elles sont devenues NOS pensées, mais moi je pense qu’il est tout aussi absurde de dire qu’elles SONT nous que le serait de dire que nos souliers SONT nous. Ce que tu es moi je pense que c’est indépendant de ce qui traîne dans ta maison et de ce qui traîne dans ta tête. C’est fondamental, immuable, sans valeur (en ce sens que ce que tu es ne peut pas être hiérarchisé sur une échelle de valeur qui pourrait monter ou descendre), c’est l’invariable, la constance profonde de ce qui fait « toi ». Et c’est wow. 😌

par Frédéric Gingras.