Mots

Viens

Viens, prends ma main. J’t’invite dans une parallèle étrange d'un monde ordinaire. On va aller courir dans les rues en chantant à tue-tête des chansons de la vieille époque, on va aller faire une bataille de boules de neige, on va aller rire des gens qui se prennent pour du sérieux. On va s’créer notre propre histoire, dans un monde de chemins tous tracés. J’te veux frivole, j’te veux bestiale, les cheveux en broussaille pis le regard enfantin. Moi j’te le dis, petite chose, je sais pas comment ça a commencé, pis j’sais pas comment ça va finir. Mais on s’en fou. On va se donner au complet pendant que les réfractaires du coeurs ont peur de se donner à moitié. On va s’ouvrir au complet, se mettre à nu, tout nu, pis on va se contempler pis se figurer pendant que les gens se comprennent juste à moitié. On va rire, on va pleurer, pis surement qu’on va se fâcher, mais au moins on ne sera pas retenu, au moins on aura tout donné, pis on aura pas de regrets. Alors viens, petite chose, on va se trouver une place pour rêver. Une place pour s’aimer. Pis on va être bien.

Frédéric Gingras